En pleine cambrousse
A peine le réveil sonné que les ouvriers s'activent énergiquement à se préparer. J'essaye de ne pas faire ma grosse loque et me lève péniblement. Le cuisiner quant-à lui ne perd pas un instant pour m'inviter à sa table prendre le petit déjeuner. Et oh, surprise, c'est le même plat que la veille : Du riz à l'eau, des patates ( Ou pas, je ne le saurais sans doute jamais ... ), et des galettes. Le meilleur c'était tout de même le riz à l'eau. C'est au moins notre Joël Robuchon chinois !
6h, le soleil déjà bien haut d'autant plus que nous sommes en septembre
La toilette a lieu à l’extérieur. Il y a un robinet utilisé pour arroser le potager. Après avoir attendu que les ouvriers se lavent, j'en profite à mon tour pour me nettoyer le visage. Seulement voilà que quand j'ai du savon plein la face, il n'y a plus d'eau. Je crie vers un ouvrier : "Eeeehhhhh y a pu d'eau !!"
"y a pu d'eau, y a pu d'eau" se met-il à chantonner sans même un regard vers moi.
Le cuisinier, comme toujours à mes petits soins, arrive en courant. "y a pu d'eau, j'fais comment ???"
"- Reviens plus tard, il devrait y en avoir de nouveau."
Barbouillé de savon, je ne me vois pas attendre. Mon regard oscille entre la flaque d'eau qui s'est creusée dans la terre ou la bassine pleine d'eau où repose les chaussures d'un ouvrier. Je n'hésiterai pas très longtemps : L'eau de la bassine prend une légère texture marronâtre quand je la remue pour enlever les chaussures qui y trainent. Me voilà nettoyé, pas vraiment convaincu d'être plus propre qu'avant. Après tout, la boue ne possède pas certaine vertu pour la peau ? têt pas celle là ...
Je continue donc mon trek en ce 2ème jour laissant les ouvriers derrière moi. Je rencontrerai des paysans tout le long de la journée. Ce qui est magique avec eux c'est que tous les chemins mènent à Rome mais qu'ils n'ont pas la lucidité de me prévenir que j'ai 30 kilomètres à faire avant le prochain village. Fort heureusement je rencontre de temps à autres des paysans avec plus de bon sens qui ont l'esprit de me prévenir qu'il l'y a aucun village avant perpette. Je me vois donc l'obligation de rebrousser chemin plus d'une fois.
"C'est simple, c'est toujours tout droit" d'après un paysan du coin. J'me suis tout de même pas aventuré trop loin
Le soleil commence à taper, mes pieds me lancent. Il doit être 1h de l'après-midi. Je m'assoie à l'ombre d'une maison à coté d'un paysan et lui demande s'il connaitrait pas un coin où je pourrais piquer un petit somme. Ben viens chez moi qu'il me répond! Le voilà qui m'offre son lit et me sert également des verres de thé. Et sinon t'as faim ??
Vers 18h de l'après-midi, je croise finalement une grosse route. Déception, je sens mon trek toucher à sa fin. 5 minutes plus tard, on voiture s'arrêtera d'elle même pour me prendre en stop et me conduira à l'arrêt de bus, situé au bord d'une 4 voies. Mais t'es sûr que le bus va s'arrêter là ???
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